Quand un serveur destinataire refuse un message, il renvoie un code de réponse SMTP. Les codes commençant par 5 signalent une erreur permanente : boîte inexistante, domaine invalide, destinataire supprimé. C’est ce qu’on appelle un hard bounce, ou rebond définitif. Les codes commençant par 4 signalent une erreur temporaire : boîte pleine, serveur momentanément indisponible, limitation de débit imposée par le fournisseur. C’est le soft bounce, ou rebond temporaire.
Le traitement diffère radicalement. Une adresse en rebond définitif doit être retirée de la liste dès le premier envoi concerné : la réenvoyer produit une nouvelle erreur permanente et dégrade la réputation de l’expéditeur, car un taux élevé d’adresses inexistantes est un des signaux les plus lus par les filtres. Une adresse en rebond temporaire fait l’objet de nouvelles tentatives automatiques par la plateforme d’envoi, sur plusieurs heures ou plusieurs jours.
Un soft bounce répété reste un signal. Une adresse qui rebondit temporairement sur plusieurs campagnes consécutives, en général trois à cinq selon la règle retenue, est traitée comme définitivement inactive et sortie de la liste. Certaines limitations temporaires sont d’ailleurs des blocages de réputation déguisés, formulés en 4xx par le fournisseur pour ralentir un expéditeur qu’il ne connaît pas.
La confusion courante consiste à additionner les deux dans un taux de rebond unique. Un taux global ne dit rien : deux pour cent de rebonds définitifs est un problème de qualité de base, deux pour cent de rebonds temporaires sur un envoi massif peut simplement traduire une limitation de débit à corriger côté cadence d’envoi.